L'album de la semaine

Los Orientales de Paramonga – Fiesta en Oriente (1971)


Paramonga, 200km au nord de Lima. Ville de la canne à sucre, elle est également un berceau de la cumbia péruvienne. Le groupe de cumbia psyché, Los Orientales de Paramonga y verra le jour et sortira six projets entre 1971 et 1981. Une carrière courte mais qui leur aura permis d’être aujourd’hui considérés comme des pionniers de la cumbia péruvienne.

C’est le son unique du groupe qui fera sa renommée. La formation de cinq membres portée par Maximiliano Chávez va jouer une cumbia psychédélique où se mêle le jeu de guitare des précurseurs de la cumbia instrumentale que sont Enrique Delgadao ou encore Manzanita et la pédale wah wah utilisée fréquemment par Lucho y sus Satélites. La virtuosité des guitaristes et l’effet psychédélique que confère l’écho de la pédale wah wah feront l’identité musicale unique de ce groupe aujourd’hui considéré comme novateur.


Au début des années 70, leur son tombe dans l’oreille de Alberto Maraví, dès lors ils ont l’occasion d’être édités par Infopesa, label incontournable de la musique péruvienne. Après quelques singles, en 1974, sort Fiesta en Oriente. Le treize pistes est un bijou de cumbia psychédélique, la plupart du temps sans paroles. Un voyage onirique où basses profondes et riffs nerveux chargés d’échos transportent l’auditeur.


Sur le titre éponyme Fiesta en Oriente on retrouve toute la patte de Los Orientales de Paramonga : mélodie accrocheuse dictée par une guitare amplifiée par la pédale wah wah, ligne de basses percutantes, le tout parfaitement soutenu par des percussions entraînantes. Une alchimie que l’on retrouve sur Negrita Linda, Paramonga baila mi ritmo, Ojos Azules, Sonia la sexy et sa voix lascive, ou Estoy contento seul titre chanté de cet opus. Polyvalent, le groupe garde cette virtuosité quand il s’essaye à la ballade avec Tus Recuerdos.


À l’époque ce LP sort à un petit tirage et il ne connaît qu’un succès relatif dans le cercle des mélomanes avertis. C’est par la suite que le groupe va connaître un intérêt croissant de par la qualité des arrangements, le son unique du groupe et la dextérité de Maximiliano Chávez à la guitare.

Aujourd’hui, le disque connaît une seconde vie. Prisé des collectionneurs, il est devenu une pièce culte qui se monnaye jusqu’à 1380 euros sur Discogs. En 2019, quarante-cinq ans après sa sortie initiale, Infopesa conscient de la qualité de l’opus et de la demande qui l’entoure, réédite la galette avec les ingénieurs du son originels aux manettes. La réédition de 2019 comporte également le titre Lobos al escape, certainement le titre le plus réussi et le plus connu du groupe que l’on retrouve sur diverses compilations. Demeure un album mythique quasi parfait tant les pistes s’enchaînent sans effort. Une galette intemporelle à mettre dans toutes les oreilles et qui constitue, sans aucun doute, un trésor de la musique péruvienne.