Raúl Monsalve y los Forajidos – Bichos (2020)


Comme tant d’autres, Raúl Monsalve est un Vénézuélien en exil. Mais son exil à lui est artistique. Bassiste surdoué, il enjambe rapidement l’Atlantique pour partager la scène avec les plus grands de l’afro-groove à l’instar d’Orlando Julius, prince du highlife, ou d’Africa 70, groupe orphelin du maestro Fela Kuti. Débarqué à Londres, Raúl pénètre la nébuleuse expérimentale du collectif jazz-funk The Heliocentrics et y rencontre le batteur-producteur Malcom Catto, avec qui il finira par réunir les forajidos (hors la loi) dans un studio.

Avec « Bichos », ce musicien accompli sur le vieux continent nous rappelle que son ancrage reste vénézuélien : en explorateur musical, il sillonne la région de Barlovento, terre d’asile pour les afro-descendants libérés du joug esclavagiste. Située à 130 km de Caracas, cette exubérante plaine caribéenne a donné son nom à des tambours et naissance à des rythmes, tel que le quitipla ou le sangueo, qui forment la matière première de ce disque, allègrement infusée d’afrobeat, de funk, et de sonorités jazz ou électroniques.

Monsalve, désormais basé à Paris, réunit un casting de musiciens brillants rencontrés au gré des différents projets menés entre Caracas, Londres et la ville lumière. Mais, derrière la console d’enregistrement et de mixage, le rôle de Malcom Catto, qui travaille également avec Quantic ou Yussef Kaamal, n’est pas à négliger.

Véritable cocktail jubilatoire et militant, Bichos – littéralement « bestioles » – file la métaphore d’une jungle luxuriante qui grouille et qui gratte. À la faveur de petites fables aux allures de pamphlets politiques, tel que le jouissif Mosquito, le textuel et l’univers sonore s’entrelacent. Entre retour extatique à une nature primitive et posture engagée dans un monde corrompu, ce voyage rétrofuturiste a des allures de guide de survie pour la jungle moderne.

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